Conseils de lecture

Dix

Le Rouergue

14,80
par (Libraire)
20 mars 2019

L'horreur a un nouveau nom : celui de Marine Carteron

Sous couvert d'une émission de télé-réalité littéraire, sept ados et trois adultes se retrouvent dans un manoir, sur une île. Aucun n'en réchappera, tous mourant dans des situations toutes plus effroyables les unes que les autres. Pourquoi ? Pour une sombre affaire de vengeance. Perpétrée par qui ? Tel est le mystère... Tiens donc, ne dirait-on pas le scénario des Dix petits nègres, d'Agatha Christie ? Ce roman, qui commence comme un polar pour finir – quasiment – comme un roman fantastique (on ne sait pas, qui en fin de compte, est le meurtrier ou la criminelle), est un monument de la littérature.
Ainsi Marine Carteron nous offre un massacre jouissif d'adolescents et d'adultes, le tout avec une dizaine de références aux contes de Perrault, d'Andersen, des frères Grimm, etc. Qui mieux que cette autrice sait nous faire sentir l'odeur rouillée du sang qui gicle après une fatale morsure, ou nous faire entendre les craquements des os broyés par un infernal poids, rien que par la force de son écriture ? Par un sadisme qui ferait verdir de jalousie le Divin Marquis, Marine Carteron s'amuse en plus à nous conforter dans notre position de voyeur, comme dans toute bonne télé-réalité qui se respecte (oui je sais, personne ne dit ça, on a qu'à dire que je suis un utopiste), et à nous faire apprécier notre sens de la justice car, évidemment, les morts ne sont pas veines (c'est un jeu de mots avec « vaines », par rapport au côté sanglant, tout ça... Tu l'as ?Mwahahahaha ! Hm. Brrrrrrreeeeef. Oui, le libraire est fatigué).
Ca vous choque ? Tant mieux, c'est le but. Mais que l'on se rassure : ce n'est pas si violent que ça, comparé à un banal journal télévisé (euh.. bah si, quand même, un peu !). Et c'est servi par une plume magnifique, très visuelle. La scène d'introduction, pour ne citer qu'elle, et qui décrit la majeure partie des personnages, est tellement fluide dans sa construction (on passe des uns aux autres en suivant leurs déplacements ou leurs regards) qu'on aurait parlé d'un long-plan séquence si on était au cinéma, avec une caméra aux souples déplacements. Les révélations, passées au compte-goutte, sont autant de coups de cutter dans la chair tendre de nos pauvres âmes littéraires.
Bref, oubliez l'Île de la Tentation, préférez-lui cet Escape Game littéraire. Ah oui parce que tiens : l'idée de l'escape game, c'est quand même de réussir à s'enfuir d'un endroit clos grâce à des résolutions d'énigmes ! Notez que dans le cas présent c'est râpé... sauf si on considère la mort comme une échappatoire.
Ainsi l'horreur a un nouveau nom, celui de Marine Carteron.

Conseillé par la Librairie Sorcière Chantepages à Tulle


KEEP HOPE

Nathalie Bernard, Frédéric Portalet

Thierry Magnier

14,80
par (Libraire)
18 janvier 2019

Conseillé par la Librairie Sorcière Chantepages à Tulle

A la recherche de soi.... Valérie Lavigne, lieutenant-détective de la police de Montréal, a raccroché. Ca fait deux ans. Elle cherche à échapper à la pression , et à fuir des souvenirs qui la "bouffent". Couper les ponts, c'est beau, mais c'est impossible, surtout après avoir croisé le regard d'une jeune fille, un regard qui est loin d'être anodin. Valérie recontacte son binôme, Gautier Saint-James. Elle a un doute : cette gamine est probablement l'une des portées disparues qu'elle devait rechercher. L'adolescente, quant à elle, se questionne sur la relation qu'elle a avec son père... Le titre, énigmatique, a plusieurs sens ; tout le roman s'appuie sur Hope, à la fois nom féminin américain, et équivalent anglais d'"Espoir". Nathalie Bernard fait appel ici au scénariste Frédéric Portalet pour porter haut les couleurs du polar, du suspens. Très bon roman, à lire à partir de 13 ans ! — Conseillé par la Librairie Sorcière Chantepages à Tulle


Mon bison
15,00
par (Libraire)
3 octobre 2018

Mon bison d'amour !

Un album sobre et touchant qui parle de l'amitié, de l'amour, du lien indéfectible, au-delà de la mort.
Magnifique album aux illustrations principalement en noir et blanc et utilisant plusieurs techniques.


CAPTAIN MEXICO

Gueraud Guillaume

Le Rouergue

8,80
par (Libraire)
9 mai 2018

Captain Mexico - New Avenger

Amis, amies, fans de Captain America, Batman, Wonder Woman, Miss Marvel, laissez-moi vous dire une chose : vos superhéros américains ne font pas le poids face à Captain Mexico.
Captain Mexico, Paco de son vrai nom, est un écolier mexicain dont le seul héros véritable est Emiliano Zapata, un révolutionnaire qui a vécu au début du siècle dernier et qui a renversé le dictateur Porfirio Diaz – renommé Huerta dans le roman. Un jour qu'il rentre de l'école, Paco découvre un sombrero, objet carte-postal s'il en est, tout juste bon pour amuser les touristes. Lorsqu'il le met, non seulement il ne voit rien, mais en plus le couvre-chef lui donne des super-pouvoirs. Paco, révolutionnaire dans l'âme, y voit un moyen de se battre contre l'injustice qui frappe sa famille et son pays.
Après Ma grand-mère est une terreur, Guillaume Guéraud revient à la charge avec ce nouveau roman humoristique. On retrouve avec plaisir son écriture si particulière : comme dirait l'autre, « il écrit comme il parle », et c'est parfois doucement cru. Le roman est très dynamique, très drôle, digne d'un comic de superhéros avec l'apparition de la némésis de Captain Mexico, Big Boss, homme de main du président des USA Donald Trompette. Il est également très touchant : car derrière les rires et les situations très drôles se cachent une réalité indéniable, soient la mainmise étatsunienne sur l'économie mexicaine, la vie humaine méprisée, les droits et les libertés sont bafouées.
Captain Mexico est le Vengeur Masqué le plus cool du monde.


Le célèbre catalogue Walker & Dawn
18,00
par (Libraire)
20 février 2018

Quand Mark Twain écrit un road-trip

En 1904, dans le bayou, au fin fond de la Louisiane où vivent les rednecks et autres somptueux alligators, sévit une bande de joyeux gamins, au nombre de quatre. Lors d'une partie de pêche, ils dégotent une boîte de conserve dans laquelle il y a 3 dollars, qui représente une sacrée somme pour l'époque et le milieu. Très vite les enfants conviennent d'acheter un article proposé dans le catalogue Walker & Dawn, et jettent leur dévolu sur un pistolet de policier. A la place, ils reçoivent une belle montre à gousset, cassée, de l'American Company, et sont donc un peu circonspects par cette erreur. Peu de temps après arrive un type propre sur lui, qui prétend venir de Chicago, qui a été envoyé par le Catalogue pour récupérer la montre contre une somme dans le montant est libre. Le rendez-vous se termine mal, puisque ce chic type, après avoir agressé les gosses, se retrouve embourbé dans le bayou, mort, un bras arraché. En fouillant dans ses affaires, les enfants apprennent qu'ils peuvent toucher jusqu'à 4 000 dollars s'ils rendent la montre cassée. Une affaire en or qui va les pousser à se rendre d'eux-mêmes à Chicago. Mais la route est pavée de mauvaises personnes, de flics pourris et autres tueurs fous...
Ce roman est un véritable road-trip, drôle, poignant, qui nous plonge dans l'Amérique raciste et violente du début du siècle dernier, excellent pour les personnes qui rêvent de sensations fortes !